L'essentiel en 5 points
- L'impayé est constitué lorsque la dette atteint deux fois le loyer et les charges mensuels, nets de l'aide si elle est versée au bailleur, bruts si elle est versée au locataire (service-public F32037).
- Le bailleur doit signaler l'impayé à la CAF ou à la MSA dans les deux mois, par lettre recommandée avec avis de réception, sous peine d'une amende de 8 010 €.
- Le plan d'apurement doit être mis en place dans les six mois, ou deux mois si le bailleur a refusé le tiers-payant (article R824-7 du Code de la construction et de l'habitation).
- Le FSL est propre à chaque département : il peut accorder un prêt ou une subvention, selon des critères et des montants fixés localement (service-public F1334).
- L'aide au logement est maintenue si le plan est respecté et si le locataire a repris le paiement du loyer courant.
Un impayé de loyer ne se règle pas seulement avec le locataire. La CAF, la MSA, le FSL et la CCAPEX disposent de leviers financiers et de délais courts. Savoir lequel mobiliser, et dans quel ordre, évite de perdre le bénéfice de l’aide au logement et de financer soi-même un arriéré qui aurait pu être couvert.
- 1
Constat
Calculez la dette et vérifiez qui reçoit l'aide au logement.
Premier impayé
- 2
Signalement
CAF ou MSA, par recommandé, avec montant et période de la dette.
2 mois
- 3
Plan d'apurement
Échéancier écrit de l'arriéré, loyer courant payé à part.
6 mois, ou 2 mois
- 4
FSL
Saisi par l'organisme ou par vous, avec un travailleur social.
3 mois
- 5
CCAPEX
Coordination des aides et prévention de l'expulsion.
En parallèle
Le signalement à la CAF ne remplace pas la procédure locative. Il ouvre un financement et maintient l'aide, à condition de respecter les délais.
Ce que la CAF ou la MSA peut faire
L’aide personnelle au logement n’est pas une assurance contre l’impayé. C’est un soutien au paiement du loyer, versé soit au bailleur, soit au locataire. Ce mode de versement change le calcul du seuil, le circuit du signalement et la marge de l’organisme.
Quand l’aide est versée au bailleur, celui-ci reçoit directement la part financée. Un impayé signifie alors que le locataire ne paie pas le reste. Quand l’aide est versée au locataire, le bailleur ne reçoit rien directement et doit signaler l’impayé pour que l’organisme intervienne.
Dans les deux cas, la CAF ou la MSA peut maintenir l’aide, la suspendre, demander un plan d’apurement et, à défaut, saisir le FSL. Elle ne peut pas effacer la dette ni se substituer au juge du bail. Son levier est financier, pas juridique.
Le tiers-payant mérite une explication. Quand l’aide est versée au locataire, l’organisme peut proposer au bailleur de la lui verser directement. Le bailleur a deux mois pour répondre, et son silence vaut refus (service-public F32037). Accepter le tiers-payant sécurise une partie du loyer, mais réduit le délai du plan d’apurement à deux mois en cas de refus. C’est un arbitrage à faire lucidement, pas par réflexe.
Le seuil de deux mois n’est pas le même pour tout le monde
Le déclencheur est toujours une dette d’au moins deux fois le loyer mensuel et les charges. La base de calcul, elle, dépend du destinataire de l’aide.
| Aide versée à | Base de calcul | Ce que vous devez vérifier | Référence |
|---|---|---|---|
| Bailleur | Loyer mensuel net, aide au logement déduite | Le montant net figurant sur l’avis d’échéance | Service-public F32037 |
| Locataire | Loyer mensuel brut et charges | Le loyer du bail, sans déduction de l’aide | Service-public F32037 |
Un exemple simple. Loyer 500 €, charges 50 €, aide 120 €. Si l’aide est versée au bailleur, le seuil est de deux fois 430 €, soit 860 €. Si elle est versée au locataire, le seuil est de deux fois 550 €, soit 1 100 €.
Cette différence explique beaucoup de signalements tardifs. Un bailleur qui raisonne sur le loyer brut signale trop tard quand l’aide lui est versée. À l’inverse, un bailleur qui déduit l’aide alors qu’elle va au locataire déclenche le signalement trop tôt.
Signaler l’impayé : le courrier qui déclenche tout
Dès que l’impayé est établi, le bailleur a deux mois pour le signaler à la CAF ou à la MSA. Le signalement se fait de préférence par lettre recommandée avec avis de réception. Il doit mentionner le nom et l’adresse du locataire, le montant de la dette et la période concernée (service-public F32037).
Le défaut de signalement est sanctionné par une amende de 8 010 €. L’organisme peut aussi s’auto-saisir s’il a connaissance de l’impayé. Dans ce cas, vous perdez l’initiative : c’est lui qui fixe le calendrier et vous qui devez justifier vos démarches.
Le signalement ne suspend ni le commandement de payer ni l’assignation. Il ouvre un circuit parallèle, avec ses propres délais. Continuez la procédure locative et informez la CCAPEX, comme l’explique le guide du commandement de payer.
Modèle : signalement d'impayé à la CAF ou à la MSA
À envoyer dans les deux mois qui suivent la constatation de l'impayé, en recommandé avec avis de réception. Adaptez l'en-tête à la CAF ou à la MSA compétente.
[VOTRE NOM OU DÉNOMINATION] [Adresse] [Numéro allocataire ou référence bailleur, si connu] [Téléphone et courriel]
CAF de [DÉPARTEMENT] / MSA de [DÉPARTEMENT] Service aides au logement [Adresse]
[Ville], le [Date]
Objet : signalement d’impayé de loyer - [NOM ET PRÉNOM DU LOCATAIRE] Lettre recommandée avec avis de réception
Madame, Monsieur,
Je suis bailleur du logement situé [ADRESSE COMPLÈTE DU LOGEMENT], loué à [NOM ET PRÉNOM DU LOCATAIRE] depuis le [DATE] moyennant un loyer mensuel de [MONTANT] euros et [MONTANT] euros de charges.
Le locataire n’a pas réglé les loyers et charges des périodes suivantes : [LISTE DES MOIS ET MONTANTS]. Au [DATE], la dette s’élève à [MONTANT TOTAL] euros, soit [NOMBRE] mois de loyer et de charges.
L’aide au logement est versée [au bailleur / au locataire] pour un montant mensuel de [MONTANT] euros. Le seuil de deux fois le loyer mensuel [net / brut] est donc atteint.
Conformément aux articles R824-4 et suivants du Code de la construction et de l’habitation, je vous signale cet impayé et je vous demande de m’indiquer les modalités de mise en place du plan d’apurement.
Je propose un échéancier de [MONTANT] euros par mois pour l’arriéré, en plus du loyer courant de [MONTANT] euros, à compter du [DATE]. Je reste disponible pour adapter ce montant à la situation du foyer.
Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Pièces jointes : bail, avis d’échéance, décompte de la dette, justificatifs des paiements reçus.
Quelle aide pour quelle situation
Tous les impayés ne relèvent pas du même dispositif. Le tableau ci-dessous donne la première démarche à engager selon la configuration.
| Situation | Aide ou démarche | Qui décide | Délai clé | Ce que cela couvre |
|---|---|---|---|---|
| Retard ponctuel, moins de deux mois de loyer | Plan amiable écrit avec le locataire | Bailleur et locataire | Immédiat | L’arriéré, sans fonds public |
| Impayé d’au moins deux mois, aide versée au bailleur | Signalement CAF ou MSA, puis plan d’apurement | CAF ou MSA | Signalement 2 mois, plan 6 mois | Maintien de l’aide, apurement de la dette |
| Impayé d’au moins deux mois, aide versée au locataire | Signalement CAF ou MSA, offre de tiers-payant | CAF ou MSA | Plan 6 mois, ou 2 mois si tiers-payant refusé | Maintien de l’aide, apurement |
| Bailleur sans réponse ou plan non respecté | Saisine du FSL par l’organisme | CAF, MSA, puis FSL | 3 mois pour le FSL | Plan d’apurement, aide financière |
| Dette dépassant le loyer (énergie, eau, téléphone) | Demande directe au FSL | Département | 6 mois si saisine directe | Dettes liées au logement |
| Dettes multiples, capacité de remboursement insuffisante | Dossier de surendettement | Commission de surendettement | Variable | Rééchelonnement, report, effacement |
| Expulsion ordonnée, relogement impossible | Commission de médiation | Préfet | Selon le dossier | Relogement, pas la dette |
La dernière ligne est souvent confondue avec les autres. La commission de médiation ne paie pas l’arriéré. Elle examine les demandes de relogement des personnes prioritaires et peut être saisie après une décision d’expulsion, dont la notification doit indiquer ses modalités de saisine (article 24 IX de la loi du 6 juillet 1989).
Le plan d’apurement : six mois, deux si vous avez refusé le tiers-payant
Le plan d’apurement est un échéancier écrit. Il fixe le montant de la dette, la mensualité de remboursement et la date de chaque échéance. Il ne se confond pas avec le loyer courant, qui doit continuer d’être payé.
Le délai est de six mois à compter de la demande de la CAF ou de la MSA. Il est réduit à deux mois lorsque le bailleur a refusé le tiers-payant. Ce refus peut être exprès, ou résulter d’un silence de deux mois après la proposition de l’organisme (service-public F32037).
Si le plan n’est pas transmis dans le délai, l’organisme met le bailleur en demeure, puis saisit le FSL. Le FSL dispose alors de trois mois pour établir son propre plan. S’il ne le fait pas, la CAF ou la MSA met elle-même le plan en place.
Cas particulier : lorsque l’impayé n’excède pas 100 €, une procédure simplifiée s’applique et les délais sont réduits de moitié (article R824-10 du Code de la construction et de l’habitation).
Le plan doit rester réaliste. Une mensualité qui absorbe tout le reste du budget ne sera pas tenue. La CAF ou la MSA vérifie d’ailleurs l’exécution du plan au moins tous les six mois (article R824-9). Un plan mal calibré retombe plus vite qu’il n’a été signé.
Un bon plan tient sur une page : le total de la dette, sa décomposition entre loyer et charges, la mensualité, la date de chaque prélèvement et la mention du loyer courant payé séparément. Faites-le signer par le locataire, même si la CAF ne l’exige pas. En cas de contestation ultérieure, cette signature vaut reconnaissance de la dette et des modalités.
Si le locataire refuse de signer, ne restez pas bloqué. Transmettez à l’organisme votre proposition écrite et la preuve de l’envoi. Le plan peut être imposé par la CAF ou la MSA, puis par le FSL. Votre démarche documentée pèse dans la décision.
Le FSL : une aide locale, pas un droit national
Le Fonds de solidarité pour le logement existe dans chaque département. Il peut accorder un prêt ou une subvention, et couvrir l’installation dans le logement comme le maintien dans les lieux : dettes de loyer, d’énergie, d’eau, de téléphone, frais de commissaire de justice (service-public F1334).
Le FSL n’est pas automatique. Chaque département fixe ses critères, ses plafonds et ses formes d’aide. Un dossier accepté dans un département peut être refusé dans un autre, avec la même dette et les mêmes revenus.
La demande se fait auprès d’une assistante sociale, de la CAF, de la MSA, du CCAS ou du département. Le dossier doit démontrer que l’aide permet de sauver le logement, pas seulement d’effacer une dette ancienne. Un plan d’apurement déjà discuté avec le bailleur renforce la demande.
Le FSL intervient aussi en amont, lorsque le bailleur n’a pas fait de plan. Dans ce cas, c’est l’organisme qui le saisit, et le FSL a trois mois. Si vous êtes saisi directement, le délai est de six mois.
La distinction entre accès et maintien dans le logement est utile. L’aide à l’accès finance l’entrée dans un logement, notamment le dépôt de garantie ou le premier loyer. L’aide au maintien finance la dette qui menace l’occupation. Un bailleur qui demande une aide à l’accès pour un locataire déjà en place se trompe de dispositif et perd du temps.
Préparez les mêmes pièces que pour la CAF, plus le commandement de payer et, si possible, un devis ou un état des lieux. Le FSL raisonne en budget global : il vérifie que l’aide permet de tenir, pas seulement de réduire un chiffre.
La CCAPEX et la commission de médiation
La CCAPEX, commission de coordination des actions de prévention des expulsions, est prévue par l’article 7-2 de la loi du 31 mai 1990. Elle réunit les acteurs du logement et de l’action sociale pour suivre les situations d’impayé et orienter vers les aides.
Elle ne décide pas de la dette. Elle peut signaler un dossier, demander un diagnostic social et financier, orienter vers le FSL et coordonner un relogement. Pour un bailleur, la saisir tôt présente un intérêt concret : elle documente votre recherche de solution et peut débloquer une aide que vous n’auriez pas obtenue seul.
La commission de médiation, elle, intervient sur le relogement des personnes prioritaires. Elle est saisie après une décision d’expulsion ou en cas de demande de logement non satisfaite. Elle ne remplace ni le FSL ni le juge du bail.
Ce qui change au 1er janvier 2027
Deux décrets du 12 février 2026 réécrivent le chapitre sur les impayés d’aide au logement, avec une entrée en vigueur au 1er janvier 2027 (service-public F32037). La définition de l’impayé et les délais de signalement évoluent.
En pratique, vérifiez toujours la version applicable à la date de votre courrier. Un dossier ouvert en 2026 reste régi par les règles actuelles. Un dossier ouvert en 2027 suivra les nouvelles, qui ne reposent plus uniquement sur le seuil de deux mois de loyer.
Les erreurs qui coûtent cher
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| Attendre le troisième impayé pour signaler | Amende de 8 010 €, aide suspendue, plan plus difficile |
| Déduire l’aide alors qu’elle est versée au locataire | Seuil mal calculé, signalement tardif ou prématuré |
| Envoyer un signalement sans décompte | Dossier incomplet, délai relancé, aide suspendue |
| Refuser le tiers-payant sans motif | Délai de plan réduit à deux mois |
| Proposer une mensualité intenable | Plan mal exécuté, aide suspendue, clause résolutoire rétablie |
| Croire que le FSL est national | Dossier refusé pour un critère local non vérifié |
| Oublier la procédure locative | Commandement tardif, assignation irrecevable |
Quand déléguer ?
Un impayé avec aide au logement combine trois séries de délais : les deux mois de signalement, les six mois de plan et les six semaines du commandement. Un dossier mal monté coûte l’aide et retarde le recouvrement. Un cabinet partenaire peut reprendre la partie recouvrement pendant que vous sécurisez les aides, avec des honoraires prélevés sur les sommes récupérées et sans avance de frais. Pour situer ce coût, voir combien coûte le recouvrement d’une créance. Vous pouvez aussi faire étudier votre dossier.
Pour la suite, voir loyer impayé : que faire, le plan d’apurement et son modèle et le locataire insolvable. Si l’expulsion est envisagée, voir les étapes et délais.
Références Sources officielles
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Service-Public, aide au logement et loyers impayés , seuil, signalement 2 mois, plan 6 mois, amende 8 010 €
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Code de la construction et de l'habitation, articles R824-1 à R824-3 (seuil de l'impayé) , définition réglementaire de l'impayé
-
Service-Public, Fonds de solidarité pour le logement , aide départementale, prêt ou subvention
-
Service-Public, loyers impayés et expulsion du locataire , procédure et articulation avec les aides
-
Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 24 (CCAPEX, commission de médiation, délais) , paragraphes I, III et IX
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Loi n° 90-449 du 31 mai 1990, article 7-2 (commission de coordination des actions de prévention des expulsions) , création et rôle de la CCAPEX
Textes consultés le 29 octobre 2026. Les liens renvoient aux versions en vigueur ; une réforme postérieure peut modifier les délais et les montants cités.
Questions fréquentes (FAQ)
À partir de quel montant faut-il signaler un impayé à la CAF ou à la MSA ?
L'impayé est constitué lorsque la dette atteint au moins deux fois le montant mensuel du loyer et des charges. Si l'aide est versée au bailleur, le seuil se calcule sur le loyer net, aide déduite. Si l'aide est versée au locataire, il se calcule sur le loyer brut (service-public F32037). Le bailleur a ensuite deux mois pour signaler la situation.
Que risque un bailleur qui ne signale pas l'impayé ?
Il encourt une amende de 8 010 € (service-public F32037). La CAF ou la MSA peut aussi s'auto-saisir si elle constate l'impayé, ce qui la place en position de suspendre ou de maintenir l'aide sans que le bailleur ait présenté son plan.
Le FSL paie-t-il automatiquement les loyers impayés ?
Non. Chaque département fixe les critères, les montants et la forme de l'aide, qui peut être un prêt ou une subvention. Le FSL peut couvrir des dettes de loyer, d'énergie, d'eau, de téléphone et des frais de commissaire de justice, mais la demande est étudiée au cas par cas (service-public F1334).
Quel est le délai pour mettre en place un plan d'apurement ?
Six mois à compter de la demande de la CAF ou de la MSA. Le délai est réduit à deux mois lorsque le bailleur a refusé le tiers-payant, ou lorsque son silence de deux mois vaut refus (article R824-7 du Code de la construction et de l'habitation). Passé ce délai, l'organisme saisit le FSL, qui dispose de trois mois.
L'aide au logement est-elle maintenue pendant l'impayé ?
Elle est maintenue si le plan d'apurement est respecté et accepté par la CAF ou la MSA, et si le locataire a repris le paiement du loyer courant. Si le plan est mal exécuté ou si le loyer courant n'est pas payé, l'organisme suspend le versement (service-public F32037).
Faites étudier votre dossier, sans avance de frais.
Un expert vous rappelle sous 24 h. Rémunération uniquement sur les sommes effectivement récupérées.
Exprimer mon besoinCe guide est informatif et ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation. Dernière vérification des textes cités : 29 octobre 2026.